COMMUNIQUE Copie de la lettre adressée à Monsieur H. FALCO Il semblerait que monsieur Hamlaoui Mekachera va reprendre du service auprès du Ministre des Anciens Combattants : monsieur Hubert Falco. Nous nous posons la question de savoir si ce « retour aux affaires » est dicté par un besoin de servir, ou par le désir de retrouver une position qu’il n’a plus et qui crée chez lui quelque nostalgie. Monsieur Hamlaoui Mekachera, en tant que ministre, n’a pas aux yeux des Harkis exercé sa fonction avec toute la vigueur souhaitée, même s’il a parfois donné l’illusion de nous défendre, il n’a jamais intégré totalement ce que pouvait être notre ressenti au niveau des conditions de notre exil. Il était officier de l’Armée Française et pour lui le départ d’Algérie et l’intégration en France se sont, somme toute, passés dans d’assez bonnes conditions. Il n’a pas connu les camps, il n’a pas subi cet isolement au quel nos parents et nous avons été soumis. Dans ses réactions ou déclarations nous nous sommes parfois sentis trahis. Même s’il a défendu la loi de Février 2005, nous avons trouvé que c’était avec le courage des faibles. L’article 05 s’est avéré totalement inefficace, preuve en est que monsieur Falco remet l’ouvrage sur le métier pour des sanctions dignes de ce nom dans le cadre des injures proférées vis-à-vis des Harkis, y compris par des hommes politiques de tous bords. Nous souhaiterions être totalement éclairés sur les fonctions et la ou les missions dévolues à monsieur Mekachera, ce qui nous permettra de savoir si nous devons lui faire confiance ou pas. Je ne peux pas affirmer que nous le verrions revenir avec joie ! Notre revendication essentielle restant que le massacre des Harkis soit reconnu officiellement par le gouvernement. Malika Meddah Article apparus dans le monde le 24 septembre 2004 Trois ans après que le président de la République a reconnu que "la France, en quittant le sol algérien, n'a pas su empêcher " le massacre des harkis, la LDH lui demande de "dire solennellement les responsabilités" de la République "dans le sort tragique de ces Français". Cette expression englobe non seulement les actes de vengeance dont ont été victimes les harkis demeurés sur le sol algérien, mais aussi les "discriminations inouïes " subies par ceux qui, évacués en France, ont été parqués dans des camps et réduits à l'assistanat. L'appel, qui fait allusion au discours de M. Chirac reconnaissant la responsabilité de l'Etat dans la persécution des juifs sous l'Occupation, a été signé par des personnalités comme les Prix Nobel François Jacob et Pierre-Gilles de Gennes, les journalistes Jean Daniel et Alain-Gérard Slama, les écrivains Jean Lacouture et Claire Etcherelli ou le patron d'Axa, Claude Bébéar. Alors que le projet de loi sur les rapatriés en discussion au Parlement exprime simplement la "reconnaissance de la Nation" envers les "Français rapatriés", "pour l'œuvre accomplie par la France" au Maghreb, Hamlaoui Mekachera, secrétaire d'Etat aux anciens combattants, interrogé par Le Monde, estime que la France n'a pas à reconnaître de "responsabilité" spécifique : "La France n'a délibérément tué ni enfermé personne", explique-t-il, renvoyant au travail des historiens au sein de la "Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, du Maroc et de la Tunisie" créée par le texte le soin de faire la lumière sur cet épisode vieux de plus de quarante ans. Philippe Bernard. fin de l'article Un ami m'a enoyé ce poeme Venez à nous, encore, tout comme vos aïeux Ceux de 14-18 et tout comme vos pères Qui du joug allemand la France libérèrent Tous, en donnant leur sang, dessous tous les cieux. Vous êtes leurs enfants, de leur sang généreux Vous êtes Fils de France en sa rive africaine, Non par le sang reçu en terre européenne Mais par le sang versé... Venez à nous nombreux ! Ainsi parlait la France, experte en l’Art des Mots... Qui l’ont toujours perdue... Et une fois nouvelle, Pleins d’ardeur et de Foi, de confiance éternelle, Les Harkis, en avant, montèrent à l’assaut. En répandant leur sang, devant moi, devant nous, Soldats du contingent, de notre douce France. Ils m’ont sauvé la vie, épargné des souffrances, Pas seulement à moi mais à tant d’entre nous !... Ils étaient en avant, les plus fiers guerriers Et notre bouclier et notre fer de lance ; Dans les âpres combats, ils mouraient pour la France Survivants triomphants, flattés et décorés Et une fois de plus, la France les trahit Quand vint le temps fatal de se tirer d’affaire, Quand elle les livra de sordide manière, Les offrant tout liés aux mains de l’ennemi. Car une fois encor, désarmés et floués Nourris de nobles mots, pleins de paroles belles Ils sont allés confiants à leurs frères « rebelles », Rien d’autres que des loups qui les ont dévorés. Et de mille façons, écorchés et brûlés, Egorgés, éventrés, dépecés de toutes les manières Ebouillantés, j’en passe...Et notre France fière Commentait cependant qu’elle en avait sauvé... ...Certes, cela est vrai, quelque minorité Cette faible poignée, aussitôt enfermée Dans quelques camps perdus, en campagne écartée Avec de quoi survivre entre des barbelés. Car par le Général, ainsi fut décidé Notre Grand Chef à tous dont l’image encor brille : « Les Harkis, les Harkis, soldats de pacotille ! Nous n’en avons que faire, ils seront sacrifiés !... » Jean SAURE |