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TRIBUNE LIBRE

 

Je suis déçu, et ce, depuis plusieurs décennies, du comportement de nos Gouvernants à notre égard.

Quel Président, quel Gouvernement a honoré dignement la communauté Harkie ? Excepté Jacques CHIRAC qui a su mettre en lumière notre histoire et les souffrances endurées et qui a fait en sorte d’inscrire officiellement notre histoire dans celle de la France. Les lois et décrets instituant les mesures de reconnaissance et de réparation promulguées sous sa présidence en témoignent.  

 

Revenons sur les Présidents les plus récents.

 

Nicolas SARKOZY a dit, afin d’accéder au Pouvoir Suprême :

 

« Je prends l’engagement de régler définitivement la question des réparations… Je veux qu’une commission indépendante établisse précisément un état des lieux sur l’ensemble des dossiers qui concernent les Rapatriés ».

 

Il a également déclaré, une fois au pouvoir, que « La France se devait de protéger les harkis de l’histoire, elle ne l’a pas fait. La France porte cette responsabilité devant l’histoire, c’est cette responsabilité que je suis venu reconnaître ici à Perpignan ».

 

Qu’a fait le Président SARKOZY ? Rien. La communauté Harkie a été forcée de poursuivre son combat et ce sans relâche.

 

Les épisodes se succédant et se renouvelant, François Hollande a également déclaré, pour accéder au Pouvoir :

« Comme je m’y suis engagé, si le peuple français m'accorde sa confiance, je m'engage à reconnaître publiquement les responsabilités des gouvernements français dans l'abandon des Harkis, le massacre de ceux restés en Algérie et les conditions d'accueil des familles transférées dans des camps en France.

Au-delà de cette reconnaissance tant espérée et tant attendue, que l'actuel président sortant a refusé d'accomplir, je veux ici vous faire part de mon intention d’assurer aux Harkis et à leurs descendants la reconnaissance de la République ».

 

Malgré la différence notoire notamment politique entre les deux personnages, il est évident qu’ils se rejoignent sur un point : ni l’un ni l‘autre n’a respecté ses promesses.

 

Leur successeur, Emmanuel MACRON s’inscrit dans le droit fils de la tradition des promesses non tenues à l’attention des Harkis.

 

Lors de la campagne présidentielle, Emmanuel Macron avait abordé la question des Harkis. "Est-ce qu'on est allé au bout de la reconnaissance des Harkis ? Au bout de leurs intérêts ? Si je suis élu, je prendrai mes responsabilités mémorielles pour que chacune des parties ayant vécu la guerre soit rétablie dans sa dignité", glissait-il au Figaro, juste avant le second tour.

 

Qu’en est-il aujourd’hui ? Un groupe de travail ayant accouché d’une souris : le rapport CEAUX, dont on a vu le contenu inadmissible tant les mesures qu’il propose sont complètement éloignées des besoins et des attentes de la communauté Harkie.

 

Il faut reconnaître à Emmanuel MACRON de se distinguer quelque peu de ses prédécesseurs, car si le résultat est le même (celui de ne pas tenir les promesses annoncées) il parvient à présenter les choses sous un enrobage qui ne saura cependant duper personne. Il ne suffit pas en effet de créer un groupe de travail inutile et délivrer quelques médailles ça et là pour solder la question des Harkis.

 

La tradition des promesses non tenues est donc incontestable.

 

Et oui, c’est devenu une tradition que :

  • de porter un prétendu intérêt à la communauté Harkie,

  • de dresser les discours écrits de la plus belle plume sur la reconnaissance due aux Harkis,

  • d’utiliser la communauté comme vivier de voix électorales,

  • de l’oublier une fois les urnes vidées et le pouvoir obtenu.

 

Il faut quand même rappeler, chers amis, chers compatriotes, que la communauté est un réservoir de voix très important, toutes générations confondues, avec sympathisants et amis, cela représente environ 1 million de voix.

C'est pourquoi d'ailleurs que je m'élève contre ceux qui soutiennent le Président MACRON et son Gouvernement, car ils sont à mes yeux des traîtres qui ne recherchent que leur intérêt personnel notamment pour accéder à des postes à responsabilités sur le dos des Harkis.

 

Alors le moment est venu de dire STOP ! Il y en a assez de se faire manipuler.

 

C’est pourquoi je lance un appel général.

 

J’appelle tous les membres de la communauté Harkie de tous les départements, dans toute la France, où qu’ils soient, à ne pas accepter le cercle infernal des beaux discours et des promesses non tenues.

 

Il est impératif de boycotter la journée d’hommage aux Harkis, spécialement dans les lieux où une commémoration officielle est organisée par les préfectures. C’est en effet à l’occasion de ces cérémonies officielles que le discours est prononcé par le Préfet, discours du Préfet en tant que porte-parole du Gouvernement, en tant que porte-parole du Président MACRON, ce Président qui nous méprise par ses mesurettes, je veux notamment parler de ce décret du 28 décembre 2018 signé à la hâte par les membres du Gouvernement concernés, dont bien évidemment Geneviève DARRIEUSSECQ.

 

Un Président qui nous méprise également car ce ne sont pas ces quelques médailles de confiserie (qui seront sans aucun doute à nouveau décernées lors de cette journée du 25 septembre 2019) qui changeront la situation de la communauté Harkie.

 

Je laisse bien évidemment le libre choix aux membres de la communauté Harkie qui considèrent que certains élus locaux ont su exprimer dignement et par leurs actes, leur estime pour notre communauté, de commémorer cet hommage en leur présence, et en dehors de toute commémoration officielle « préfectorale ».  

 

L’appel au boycott que je tiens à lancer ici, est un appel à un boycott intelligent des cérémonies officielles présidées par le Préfet de département, et bien entendu, celle devant se tenir aux Invalides à Paris.

 

Nous nous devons, par cet acte fort de sens et de symbolique, de rappeler fermement au Gouvernement et au Président MACRON, qu’ils doivent aujourd’hui, une fois pour toutes, prendre véritablement et courageusement position pour rétablir la vérité sur notre situation et en tirer les conséquences qui s’imposent.

Reconnaissance et réparation ! Voilà ce que nous demandons. Nous sommes des victimes du passé et du présent, ils doivent faire en sorte que nous ne soyons pas les victimes de l’avenir.

Mostefa REMADNA

Par Mostefa REMADNA, fils de Harki activement engagé

A l’approche de la journée du 25 septembre d’hommage national, un appel aux Harkis est lancé.

"J'accuse le Président MACRON"

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